Premières lignes #92

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma Lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches je vais vous citer les premières lignes de mon roman actuel.

Aujourd’hui, je vais vous parler du livre Le chercheur d’ombre d’Edgard PS.

AVANT-PROPOS

« Cher frère,
Notre château est en feu ! Je t’en prie, fuis, et ne reviens pas !
Des flammes immenses surgissent par-delà les fenêtres des étages, mais je n’ai rien pu faire pour les éteindre. Je ne peux m’empêcher de les regarder monter jusqu’au ciel !

Elles ne me semblent pas hostiles, ces flammes de l’enfer, et sous le souffle du vent, elles enveloppent les murs de notre maison comme sous les plis d’un grand voile pourpre.

Les escaliers ont été détruits par le feu.
Les secours m’ont déposé dans les allées du jardin. À travers les persiennes craquelées des fenêtres, nos souvenirs s’envolent avec les cendres fumantes…

Une ombre noire et poussiéreuse s’est déposée sur les arbres alentours. Il ne reste plus que les débris des massifs de roses, brûlés par les projections de l’incendie. Dans ma poche, j’ai conservé comme un dernier souvenir un morceau de cette terre d’ombre que j’avais ramassé dans les profondeurs de notre jardin.
Je serre ce trésor inespéré dans la paume de ma main, tel un ultime héritage, un dernier rappel de votre existence…

C’est idiot, car je m’aperçois que cette lettre va certainement brûler avec vous, et que personne ne la lira ! Vous êtes tous morts dans l’incendie.

Ca n’a plus d’importance. Désormais, je n’écrirai plus aucune lettre, je ne dessinerai plus… Qui aurait cru que ma dernière œuvre serait ce rapide testament, griffonné sur un bout de papier froissé ? Je ne veux plus conserver le moindre souvenir de cette famille. Telle est ma dernière volonté. D’ailleurs, je n’y vois presque plus… Mes yeux sont aveuglés par la fumée de l’incendie et se recouvrent d’un voile grisâtre.

Mais rassurez-vous, je ne suis pas seul.
Face à moi, dans la lueur des flammes, alors que s’effondre notre château, se dresse un merveilleux motif qui me protège, et me rassure. Une ombre qui n’en est pas une. Une forme dessinée par la lumière, comme une marque scintillante et envoûtante, une silhouette humaine, ou le reflet de mon imagination encore avivée par la fournaise vacillante… Peut-être lira-t-elle ces mots, cette aura
enveloppée de splendeur et de soufre ? Mais je n’ai plus aucune certitude. Elle ne fait que me regarder en silence, me tendre la main, tandis que mes souvenirs s’étiolent, et que mes membres se fatiguent et s’endorment lentement.

Repose en paix, mon cher frère, et ne renais jamais de tes cendres ! Car ce sanctuaire est désormais perdu, et restera le dernier vestige de notre famille maudite qui n’aurait jamais dû voir le jour, privée de passion et d’amour flamboyant… »

Mes chroniques Premières lignes

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