Le mardi sur son 31 #83

Ce rendez-vous est proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire.

Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs.


Aujourd’hui je vais vous parler du livre Les femmes ne plaisantent pas avec l’amour de Jean-Pierre Levain.

Une fois la séance terminée, chacun retourna à ses activités laissant Gaëlle et Fred
en tête à tête dans la salle de réunion. Comme à son habitude, Gaëlle était assise sur le
bureau, une jambe gracieusement passée sur l’autre qu’elle balançait au rythme de ses
pensées. Fred, installé face à elle sur une simple chaise à accoudoirs, la laissait à ses
méditations tout en ne la quittant pas des yeux. Il appréciait cette complicité qui ne les
obligeait pas à meubler artificiellement les temps de silence qui s’installaient
fréquemment entre eux ou à baisser les yeux quand leurs regards se croisaient. Il aimait
tout particulièrement l’éclat et la profondeur de ses sourires qu’elle prodiguait
généreusement sans aucune ambiguïté. Il savait surtout que, dans quelques mois, tout
cela lui manquerait.
Tous deux partageaient le sentiment que cette enquête risquait de ne pas aboutir.
Il allait falloir creuser un peu dans tous les sens en espérant, avec un peu de chance,
dégager des pistes intéressantes à explorer. Mis bout à bout, certains éléments laissaient
les deux policiers perplexes tout en donnant un caractère peu banal, voire loufoque à cette
enquête.
— Comment tu vois les choses à propos de notre agresseur ? L’interrompit Fred au
bout de quelques instants.
— De mon point de vue, il s’agirait plutôt d’un dilettante. Un professionnel n’aurait
pas raté son dernier tir. Sa main n’aurait pas tremblé. De plus il aurait utilisé un
automatique équipé d’un silencieux plutôt qu’une pétoire qui fait un bruit à réveiller tout
le quartier. Je pencherais donc plutôt pour un amateur, mais un amateur qui aurait la
haine. Une vraie haine profonde, viscérale, hargneuse qui le pousse d’abord à tuer le chien
et puis à s’approcher de la victime encore consciente pour l’achever. Elle devait être
terrorisée, peut-être qu’elle l’a supplié de l’épargner et qu’il en a tiré un plaisir
supplémentaire ? Avoue qu’il devait vraiment lui en vouloir pour être aussi déterminé. Il
doit bien exister une véritable raison ou du moins un motif sérieux derrière tout ça. Où ça
se complique c’est qu’il a quand même réussi à crocheter le verrou de la porte ce qui n’est
pas si évident pour un amateur.

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