Le mardi sur son 31 #79

Ce rendez-vous est proposé par Les Bavardages de Sophie. Il s’agit tout simplement de donner une citation de la page 31 du livre que l’on est en train de lire.

Le but est de découvrir ou de redécouvrir la plume de certains auteurs.


Aujourd’hui je vais vous parler du livre Burn-out de Marie Guerrini.

Dès le début, elle avait ressenti un malaise diffus malgré l’ambiance
apparemment cordiale, une impression confuse de défiance entre les gens et
envers elle. Certes elle prenait le projet en marche, ce n’était pas la panique mais
une grande pagaille. Et il y avait eu ce drame. Elle avait essayé de créer des liens
avec l’équipe mais ce qu’elle parvenait à créer un jour s’évanouissait le
lendemain et les regards francs et sincères de la veille devenaient fuyants sans
qu’elle sache pourquoi.
Elle regarda à nouveau sa montre. Il fallait qu’elle y aille. Elle essuya son
visage et ses mains, arrangea ses cheveux. Dans le couloir elle constata que la
porte de Faillard était grande ouverte lui qui la tenait toujours fermée. Et il fallait
taper pour lui parler. Et attendre son autorisation. Comme un laquais. Du grand
Faillard ! Elle faillit faire demi-tour et choisir un autre itinéraire mais après tout,
il pouvait penser ce qu’il voulait, elle n’en avait plus rien à faire.
Périgaud l’accueillit cordialement. Emilie s’assit face à lui, droite, raide, le
visage fermé, les bras croisés. Il se demandait comment engager la conversation
tant il la voyait sur la défensive. Où était donc la jeune femme dynamique qu’il
avait embauchée ?
— Emilie, je ne vais pas y aller pas quatre chemins, je ne comprends pas votre
décision.
— Je ne pense pas avoir d’explications à vous donner.
La réponse étonna Périgaud, et le ton employé aussi, excédé, agressif.
— Je voudrais également vous assurez que je souhaite que vous restiez, que
vous finissiez le projet pour lequel je vous ai embauchée.
— Impossible.
— Impossible ! Et pourquoi donc ? Vous pensez ne pas en être capable ?
Il n’avait pas réussi à masquer son exaspération et le regretta aussitôt.
— Non… mais il m’est impossible de rester.
— Votre décision est peut-être motivée par des raisons personnelles ?
— Ce n’est pas le cas monsieur.
— Emilie, nous n’allons pas y arriver ainsi, je vous pose une question, vous y
répondez laconiquement, vous éludez. Nous avons eu des discussions bien plus
fluides.
— Lors de mon recrutement en effet.
Périgaud tenait nerveusement son stylo entre ses doigts. Quand il lui avait
fallut remplacer Pascal Sagnier en toute urgence, il n’avait voulu laisser à
personne le choix de son successeur

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