Mes chroniques·Premières lignes

Premières lignes #72

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma Lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches je vais vous citer les premières lignes de mon roman actuel.

Aujourd’hui, je vais vous parler du livre Le Lion et son étoile de Xavier Soler.

Marie et Jean se sont connus à Alcira, fin des années quarante dans ce qui était
encore un village, situé dans la province de Valence, en Espagne. Lui est fils de
bonne famille, son père, tailleur sur mesure de son état est un notable qui a fait
de belles affaires, sa mère s’occupant de ses quatre frères et sœurs. Marie, quant
à elle, provient d’un milieu simple et travaille dès l’âge de sept ans dans les
champs pour aider son père agriculteur. Cet homme voûté et buriné par le soleil,
trime sang et eau pour nourrir ses huit enfants, parle peu et bat régulièrement sa
femme alcoolique. De ce fait, la famille de Marie vit sous les quolibets des
habitants à l’esprit fermé de ce village refermé sur lui-même. Ce qui aurait pu
constituer une embellie dans sa jeune vie abîmée par le poids de son
environnement familial est sa rencontre avec Jean. Ce brun ténébreux de taille et
de corpulence moyenne a des yeux bleus cobalt qui expriment tant le charme que
l’agressivité latente. Toujours bien mis, il possède un sourire enjôleur et s’y
entend pour parler aux femmes, au point qu’il a séduit sa future épouse en un
tournemain, lui fournissant par ailleurs l’occasion de fuir une situation familiale
désastreuse. De son côté, Marie, bien que de petite taille, est une beauté. Sa
crinière châtain clair met en valeur un visage aux traits réguliers et fins au milieu
duquel brillent des yeux sombres où percent parfois la tristesse et la souffrance.
Ses belles épaules accueillent une superbe poitrine, ferme et troublante à la fois.
Sa taille très fine donne naissance à une chute de reins et à des jambes au galbe
parfait. Tous deux sont beaux et s’attirent comme des aimants. Début des années
cinquante, le couple, à peine marié emménage à Valence, où très vite, Jean
développe l’affaire de son père et se fait une très belle situation. Il faut dire qu’il
a des doigts d’or et un sens aigu du commerce. Il n’est donc pas rare que ses
fidèles clients le félicitent pour la qualité de ses services. Durant cette période,
Marie met au monde trois enfants, Jonas, Christian et Aline. Bref, le couple a
tout pour être heureux, mais c’est loin d’être le cas, car au bout de quelque
temps, Jean doit supporter les troubles comportementaux de son épouse, et le
mariage idyllique se transforme en début de cauchemar. En effet, pour des
raisons que Jean ignore, Marie explose régulièrement pour un oui, pour un non,
et ses colères se transforment régulièrement en de terribles crises d’hystérie et de
paranoïa. Dans ces moments-là, les mots qu’elle prononce sont emprunts de
méchanceté et de perversité et dépassent l’entendement.

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