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L’outrage fait à Sarah Ikker – Yasmina Khadra

Yasmina Khadra – Editions Julliard – 2019

Mon ressenti : 8/10

Sarah aurait tant aimé que son mari se réveille et qu’il la surprenne penchée sur lui, pareille à une étoile veillant sur son berger. Mais Driss ne se réveillerait pas. Restitué à lui-même, il s’était verrouillé dans un sommeil où les hantises et les soupçons se neutralisaient, et Sarah lui en voulait de se mettre ainsi à l’abri des tourments qui la persécutaient. Aucun ange ne t’arrive à la cheville, lorsque tu dors, mon amour, pensa-t-elle. Pourquoi faut-il qu’à ton réveil tu convoques tes vieux démons, alors qu’il te suffit d’un sourire pour les tenir à distance ? « 
Couple comblé, Sarah et Driss Ikker mènent la belle vie à Tanger jusqu’au jour où l’outrage s’invite à leur table. Dès lors, Driss n’a plus qu’une seule obsession : identifier l’intrus qui a profané son bonheur conjugal.

Mon avis

Dans ce livre nous suivons l’histoire de Driss et Sarah Ikker. Une nuit, Driss surprend sa femme en train de se faire violer. Driss pète complètement les plombs. Il commence par passer 5 nuits avec une prostituée dans un hôtel malfamé pour terminer dans une enquête pour laquelle il n’a qu’un seul but : retrouver le violeur de sa femme.

J’ai bien aimé ce livre. Le thème abordé, le viol, est lourd. Mais dans cette histoire, nous parlons du viol dans la culture orientale. Ce qui a encore plus de sens car dans cette culture, quand une femme se fait violer, ce n’est pas qu’elle qui est souillée, mais son couple.
Le livre est haletant, j’ai suivi l’enquête menée par Driss presque d’une seule traite. Je voulais absolument savoir ce qui c’était passé et surtout, qui est le violeur.
Je peux vous dire que j’ai été très surprise du dénouement. Je m’attendais à tout sauf à ça. Bravo monsieur Khadra pour cette fin qui m’a laissée sans voix.
La plume de l’auteur est magnifique, il nous emmène au coeur de Tanger, dans une histoire intéressante. Au-delà de l’histoire, l’auteur nous parle aussi de la culture orientale, sans pour autant que ce soit lourd, loin de là.

Au niveau des personnages, j’ai eu de la peine pour ce couple que tout unissait et qui, en une nuit, a perdu de sa superbe.
Driss, qui ne sait pas quoi faire pour retrouver le violeur de sa femme. Il tombe dans la folie et ce que l’on peut dire, c’est qu’il n’est pas beaucoup soutenu par ses collègues et sa hiérarchie .
Sarah aussi m’a fait de la peine. Au delà de l’atrocité qu’elle a vécue, elle voit son couple de désintégrer sous ces yeux sans qu’elle ne puisse rien n’y faire.

Je ne peux que vous recommander ce livre qui est très fort en émotion et dont la fin est tout sauf attendue.

L’auteur

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul.
Son père, officier de l’ALN blessé en 1958, veut faire de lui un soldat en l’envoyant dès l’âge de neuf ans dans un lycée militaire, où il fait toutes ses études avant de servir comme officier dans l’armée algérienne pendant 36 ans. Durant la période sombre de la guerre civile algérienne dans les années 80-90, il est l’un des principaux responsables de la lutte contre l’AIS puis le GIA, en particulier en Oranie.
Moammed Moulessehoul choisit en 1997, avec le roman Morituri, d’écrire sous pseudonyme. Diverses raisons l’y poussent, mais la première que donne Moulessehoul est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire et de mieux approcher son thème cher : l’intolérance.
Il démissionne de l’armée algérienne en 2000, pour se consacrer à sa vocation: l’écriture, et choisit de s’exprimer en langue française. Après un court passage au Mexique, il vient s’installer en 2001, en France, où il habite encore aujourd’hui. En 2002 dans « L’imposture des mots », Khadra-Moullessehoul répond aux attaques qui fustigent son passé militaire.
Il choisit de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en particulier, en prenant ses deux prénoms, Yasmina Khadra, et ne révèle son identité masculine qu’en 2001 avec la parution de son roman autobiographique « L’Écrivain ». Son pseudonyme féminin est effectivement composé du prénom de son épouse et l’auteur déclare, avec beaucoup d amour, à ce sujet : « J’ai choisi le prénom de mon épouse comme pseudonyme par simple reconnaissance, par gratitude ». Et son identité tout entière est dévoilée dans « L’imposture des mots » en 2002. A cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.
Parmi ses ouvrages, on peut citer « Morituri » (Baleine, 1997), « L’automne des chimères » (Baleine, 1998), « A quoi rêvent les loups » (Julliard, 1999) et « Cousine K » (Julliard, 2003), où se déploie le « style Khadra » alliant lyrisme, métaphores inattendues, dépouillement et poésie. Style qui atteint son apogée avec « L’Attentat » (Julliard), retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005 et titulaire du prix des libraires 2006.
En 2010, l’auteur délaisse pour un temps le sujet du conflit au Moyen-Orient, au cœur des « Hirondelles de Kaboul » (2002) et « Les Sirènes de Bagdad » (2006), pour écrire un conte moral : « L’Olympe des infortunes. »

8 commentaires sur “L’outrage fait à Sarah Ikker – Yasmina Khadra

    1. C’est malheureusement le cas de la culture orientale… mais je te conseille de le lire car tu ne peux même pas imaginer la fin. Je suis restée devant le livre pendant quelques minutes en me demandant si j’avais bien lu…

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