Mes chroniques·Premières lignes

Premières lignes #55

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma Lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches je vais vous citer les premières lignes de mon roman actuel.

Pour ce cinquante-cinquième rendez-vous, je vais vous parler du livre Tant qu’il y aura des cèdres de Pierre Jarawan.

Prologue


Tout palpite, tout étincelle. Beyrouth la nuit, beauté éclatante, diadème de lumières scintillantes, parure d’émotions à en couper le souffle. Enfant, déjà, j’aimais l’idée d’être un jour entre ses murs. Mais j’ai à présent un couteau planté entre les côtes, et ma poitrine me fait si mal que je n’arrive même pas à crier. « Nous sommes des frères ! » voudrais-je leur hurler tandis qu’ils m’arrachent mon sac à dos et me lardent de coups de pied si violents que je tombe à genoux. L’asphalte est chaud. Le vent souffle en provenance de la Corniche, j’entends la mer déferlant sur le rivage et la musique des restaurants de la rue. Je sens l’air salé, la poussière, la chaleur torride. Je sens du sang sur ma lèvre, un ruisselet au goût de métal sur ma peau sèche. Je sens monter en moi la peur. Et la colère. « Je ne suis pas un étranger ici ! » voudrais-je leur hurler tandis qu’ils s’éloignent. L’écho affaibli de leurs pas me nargue. « J’ai des racines ici ! » voudrais-je leur hurler, mais il ne sort de ma gorge qu’un marmonnement indistinct.

2 commentaires sur “Premières lignes #55

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s