Premières lignes #50

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma Lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches je vais vous citer les premières lignes de mon roman actuel.

Pour ce cinquantième rendez-vous, je vais vous parler du livre En vérité d’Yves Gaudin.

Tous les matins, je traverse la route les yeux fermés. C’est un rituel. Je n’y peux rien. Alors que d’autres se piquent le tube, se bourrent la gueule ou trompent leur femme, moi c’est la route qui est mon juge, mon destin, ma révérence bientôt. C’est moche, je sais. Trois ans que ça dure, ça fait beaucoup de matins. Tout du long, c’est des saules pleureurs. On y vient au pas de charge. Pleins de gens dedans. Une fois, on s’est arrêté, pas en colère, rien du tout, juste si on pouvait m’aider, des gens bien, et puis on est reparti. Aujourd’hui c’est désert, personne, pas un chat. Va savoir. Faut dire que ce n’est pas la nationale la plus fréquentée non plus, mais quand même, un accident c’est vite arrivé, et puis des deux-roues, il en vient, ça tue un homme, et même facilement, on ne sait pas, on ne sait jamais. Parfois ça fait crac dans le vent. Je pense que c’est pour moi. Et puis non. Juste une branche morte.

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