Publié dans Mes chroniques, Premières lignes

Premières lignes #37

Premières lignes est un rendez-vous initié par Ma Lecturothèque. Le principe est simple, tous les dimanches je vais vous citer les premières lignes de mon roman actuel.

Pour ce trente-septième rendez-vous, je vais vous parler de Le Château de ma Mère de Marcel Pagnol.

Après l’épopée cynégétique des bartavelles, je fus d’emblée admis au rang des chasseurs, mais en qualité de rabatteur, et de rabatteur, et de chien rapporteur.

Tous les matins, vers quatre heures, mon père ouvrait la porte de ma chambre, et chuchotait : « Veux-tu venir ? »

Ni les ronflements puissants de l’oncle Jules, ni les hurlements du cousin Pierre, qui réclamait son biberon vers les deux heures du matin, n’avaient la force de traverser mon sommeil, mais le chuchotement de mon père me jetait à bas de mon lit.

Je m’habillais dans la nuit en silence, pour ne pas réveiller notre petit Paul, et je descendais à la cuisine, où l’oncle Jules, les yeux bouffis et l’air un peu hagard des grandes personnes qui s’éveillent, faisait chauffer le café pendant que mon père remplissait les carniers et que je garnissais les cartouchières.

Nous sortions sans faire de bruit. L’oncle Jules refermait la porte à double tour, et il allait mettre la clef sur la fenêtre de la cuisine, dont il repoussait les volets.

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